17 septembre 2025 Général, Qualité de vie, Sécurité
Rapport de l’Institut national de la recherche scientifique
En 2024, l’indice de gravité de la criminalité (IGC) a diminué deux fois plus à Drummondville qu’à travers le pays, et se retrouve donc pour une deuxième année consécutive sous la valeur canadienne, indique un rapport de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS).
En effet, l’année 2024 a été marquée par une baisse importante du taux de criminalité (-6 % à Drummondville comparativement à -4 % au Canada) et de l’IGC (-8 % localement comparativement à -4 % au pays).
Sur une plus longue période, l’INRS relève dans son rapport que le taux de crimes total rapporté par 1000 habitants à Drummondville a pratiquement été divisé par deux entre 2003 et 2021, année du plus récent recensement. Parallèlement, le taux de policiers par 1000 habitants à Drummondville est demeuré constant entre 1999 et 2025 (1,13 policier/1000 habitants).
Notons que ce rapport a été commandé en décembre 2024 par le conseil municipal de Drummondville afin d’avoir en main un portrait complet de l’évolution sociodémographique et de la criminalité à Drummondville. Celui-ci a été présenté aux membres du conseil municipal le 25 août dernier.
Tendance positive
Ces constats font écho aux données du Rapport annuel d’activités 2024-2025 du comité de sécurité publique de la MRC de Drummond, dévoilées la semaine dernière (baisse de plus de 7 % des infractions criminelles), tout comme aux résultats de l’Indicateur municipal Léger mené en début d’année auprès de quelque 2000 citoyennes et citoyens de Drummondville (sentiment de sécurité de la population de Drummondville se situant au-dessus de la moyenne des villes de taille comparable, s’avérant même supérieur aux résultats de 2014).
Conscients des réalités sociales qui évoluent, qu’il s’agisse de la croissance de la population (natalité et immigration) ou l’augmentation des enjeux liés à la précarité, la Ville et ses partenaires (Sûreté du Québec, Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec, organismes communautaires, etc.) redoublent d’efforts pour maintenir la tendance positive observée. Ensemble, toutes les parties prenantes travaillent à renforcer le vivre-ensemble, le sentiment de sécurité et, ultimement, la qualité de vie des citoyennes et citoyens.
« Somme toute, les données qui sont à notre disposition montrent heureusement que la criminalité est faible dans notre ville. Drummondville est d’ailleurs réputée pour être une ville familiale, agréable, et sécuritaire. En 2023, il y a eu une hausse de la criminalité à travers le Canada, et notre ville n’y a pas fait exception. Nous n’avons pas la tête dans le sable. C’est pour cette raison que nous nous sommes concertés avec nos partenaires du milieu. Le rapport de l’INRS vient nous outiller encore plus efficacement pour faire face collectivement à de nouveaux défis qui nous interpellent toutes et tous, ici comme ailleurs », a partagé la mairesse de Drummondville, Stéphanie Lacoste.
En outre, celle-ci a fait savoir qu’en plus des investissements majeurs prévus au centre-ville l’an prochain pour enrichir l’expérience des visiteurs, le conseil municipal a demandé aux équipes de la Ville d’évaluer différentes initiatives pour aller encore plus loin, et ce, dans le cadre de la préparation budgétaire 2026.
Par exemple, l’ajout de ressources en sécurité publique, la mise en place de ressources pour assurer la propreté du centre-ville et le recours à des travailleuses et travailleurs de rue pour le secteur du centre-ville et des environs, sont autant de pistes qui seront discutées avec les partenaires.
Centre-ville
Sans surprise, les plus hauts taux de crime dans la MRC de Drummond en 2024 se concentrent à Drummondville, plus précisément dans les secteurs densément peuplés, comme le centre-ville.
« Le crime se concentre dans certains micro-environnements, donc une petite proportion du territoire étant responsable d’une grande proportion du crime. Dans la plupart des villes, approximativement 50 % du crime se produit dans 5 % des rues », explique Carolyn Côté-Lussier, Ph.D., professeure agrégée au Centre urbanisation, culture et société de l’INRS, dans le rapport.
Toutefois, c’est également au centre-ville qu’on retrouve les plus fortes diminutions du taux de crimes liés au désordre public entre 2018 et 2024, malgré la présence remarquée de personnes vivant en situation d’itinérance ou éprouvant des enjeux de santé mentale.
Centre névralgique de Drummondville, lieu de rassemblement par excellence et hôte de nombreuses activités populaires, le centre-ville possède ses caractéristiques propres et est prisé tant par la population locale que les touristes de passage. Ce lieu vibrant est apprécié de ses résidentes et résidents et représente un secteur où il fait bon vivre, malgré les perceptions de certains.
« Les données ne permettent pas d’associer directement les crimes aux résidents des territoires marqués par un nombre de crimes supérieur, en raison du fait que les crimes peuvent être associés à la population ambiante (ex. : travailleurs, visiteurs, étudiants) plutôt que la population résidente », contextualise la professeure Côté-Lussier dans le rapport.
Croissance de la population
La Ville de Drummondville a connu une croissance de près de 30 % de sa population entre 2001 et 2024. Durant cette période, la proportion de personnes issues de l’immigration a doublé dans la MRC de Drummond, passant de 2 % à 4 % de la population totale. La croissance de la population a donc évidemment un impact significatif sur le nombre global d’événements.
À titre d’exemple, rappelons que l’année 2023 a été marquée par une hausse de plusieurs types de crime faisant en sorte que la variation en pourcentage du taux de criminalité de Drummondville s’est hissée en première position du classement des régions métropolitaines de recensement (RMR) au Canada cette année-là, malgré un taux de crime par 100 000 habitants nettement inférieur à la moyenne canadienne.
Selon le rapport de l’INRS, l’évolution locale de la criminalité pourrait s’expliquer, en partie, par des changements dans les pratiques policières (ex. : politique « tolérance zéro » en matière de voies de fait dans les établissements scolaires (2023)), par des changements législatifs (ex. : tribunal spécialisé en matière de violence sexuelle et de violence conjugale (2022)), et par la dynamique de certaines zones urbaines (ex. densité de population au centre-ville).
« La sécurité publique doit être abordée comme un enjeu de santé publique et de qualité de vie, nécessitant des interventions ciblées, préventives et concertées. Nous constituons un milieu urbain en pleine croissance, et cette réalité amène son lot de défis en matière de sécurité publique. La prévention passe par des approches communautaires fondées sur la cohésion sociale. Avec notre plan de cohésion sociale, que nous avons justement lancé en juin dernier, nous sommes à la bonne place », a renchéri la mairesse de Drummondville, rappelant que la Ville s’est dotée d’une Déclaration sur le vivre-ensemble dès 2021, et que la population est réputée être ouverte et accueillante.
À propos du rapport
Le rapport de l’INRS se base sur des données provenant des recensements de la population de 2001 à 2021 de Statistique Canada, de la déclaration uniforme de la criminalité de 2001 à 2021 de Statistique Canada, de données de 2015 à 2025 de la Sûreté du Québec, et de l’Indice de défavorisation matérielle et sociale (2001 à 2021) de l’Institut national de santé publique du Québec.
Partager
Article(s) connexe(s)